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lundi 3 septembre 2007

Saint FRIS, vainqueur des Sarrasins

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Entre mythe et réalité, la légende de Saint Fris berce les habitants de Bassoues (prononcer « bassouss ») dans le Gers depuis des siècles. Saint Fris n’est peut-être qu’un personnage de légende*, mais la bataille qu’il livra, dit-on, contre les Sarrasins, sa mort glorieuse à l’issue du combat, les nombreux miracles qu’il accomplit par la suite et le culte fervent que lui vouait la population, font qu’il est entièrement lié à l’histoire de Bassoues et à la prospérité de cette petite ville.

*Saint Fris pourrait n’être qu’une réminiscence d’Eudes d’Aquitaine, de même blessé à la cuisse (mais par une lance au lieu d’une flèche) à la tête de ses troupes lors de la bataille de Toulouse du 9 juin 721 de même sur un plateau (« des martyrs » au lieu de « plateau de l’étendard »)

Statue de Saint Fris. Bassoues, Gers
Statue de Saint Fris, à l'extérieur de Bassoues (Gers)
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(1944×2592)

Statue de Saint Fris, à l'extérieur de Bassoues (Gers)
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(1861×2592)

Au VIIIe siècle de notre ère, alors que l’islam conquérant fondait sur l’Occident chrétien par la péninsule ibérique, Frix, fils de Rabod, roi ou duc des Frisons, avait embrassé le christianisme malgré la volonté de son père et, pour fuir son courroux, avait rejoint Charles Martel, son oncle. Ce dernier se portait alors contre les Maures d’Espagne qui avaient franchi les Pyrénées et s’avançaient à travers la Gascogne.

Le 25 octobre 732, entre Tours et Poitiers, les armées omeyyades de l’émir d’Al-Andalus Abd el Rahman furent défaites par les troupes de chrétiens, de Francs, de Frisons et autres, de Charles Martel. Poursuivant l’ennemi d’un côté, le futur maire du Palais confia à Frix un détachement armé afin qu’il rattrape d’un autre côté l’armée maure.
Refluant en plusieurs colonnes, l’armée ennemie se dirigea alors vers les Pyrénées afin de rejoindre ses bases de départ dans la péninsule ibérique. Une colonne suivit l’antique chemin de crête “la Ténarèze” qui relie la Garonne au col de Rioumajou, au-dessus de Bielsa en Espagne, c’est celle-ci que Frix choisit d’affronter.

Au lieu-dit “l’Etendard”, son arrière-garde se heurta à la petite troupe commandée par Frix.

Bassoues, Gers. Histoire de Saint Fris. panneau du Lieu-dit l'Etendard

L’armée musulmane accusa le coup dans un premier temps, mais des renforts lui vinrent en aide, obligeant Frix à battre retraite. Arrivé près de Bassoues, il y planta sa bannière, là où s’élève depuis le Moulin de l’Etendard, ralliant autour de lui la plupart de ses soldats encore valides. Remontant victorieusement à l’assaut des mahométans, Frix fut mortellement blessé d’une flèche qui lui traversa la cuisse.

basilique de Bassoues, Gers. Fresque représentant Saint Fris et légendée : vainqueur des sarrazins, blessé à mort sur le Plateau de l'Etendard - 24 juin 732

Il expira près du pont qui enjambe la Guiroue, devenu depuis Pont du Chrétien. Ses soldats l’enterrèrent à la hâte à l’endroit où il venait de rendre le dernier soupir.

Si le souvenir du combat contre les mahométans resta vivace pour la population, l’emplacement de la tombe, lui, fut oublié. (more…)