SITAmnesty

vendredi 25 octobre 2013

25 octobre 732 : Bataille de Poitiers. Lettre postale ouverte à…

Mise à jour : octobre 2015

pdf : diffuser, imprimer, poster, aux adresses indiquées

Panneau tourisitique autoroute : Bataille d'Alésia - Et pourquoi n'y en a t-il pas un pour la bataille de Poitiers ?!)

Présidence de la Région Poitou-Charentes
Adresse postale : poitou-charentes.fr/mentions-legales

Ministère de l’Education Nationale
Adresse postale : education.gouv.fr/cid2559/page-contacts.html

Ministère de la Culture
Adresse postale : culturecommunication.gouv.fr/Composants/Contacts

Présidence de VINCI autoroutes
Adresse postale : vinci-autoroutes.com/fr/page/mentions-legales

Madame, monsieur,

Je me permets de vous interpeller sur un problème d’une gravité extrême puisqu’il s’agit d’un cas de discrimination qui concerne autant l’enseignement que la culture et ce par le biais de la signalisation des lieux remarquables en ce domaine, dont les sociétés gestionnaires d’autoroutes se font le relais le long des milliers de kilomètres qui traversent notre beau pays.

En effet, j’accorde beaucoup d’attention aux nombreux panneaux autoroutiers signalant les immenses richesses patrimoniales françaises, qu’elles soient naturelles, archéologiques, architecturales ou historiques. Et parmi ces dernières, les champs de batailles, où nos ancêtres furent victorieux (parfois l’inverse mais les indications sont alors plus rares).

Circulant donc sur l’Autoroute A10, l’Aquitaine, dans le sens Paris-Bordeaux, je m’attendais à trouver, après la sortie 27 au sud de Châtellerault, au niveau de Vouneuil-sur-Vienne (lieu-dit précisément nommé « Moussais-la-Bataille »), un panneau signalant la Bataille de Poitiers, pour rappeler cet événement qui eut lieu en 732. Et j’imaginais, comme c’est le cas pour les autres batailles, une image symbole, par exemple une palissade de guerriers bardés de fer, alignés derrière leurs boucliers, épées au clair et lances en avant, afin de stopper net l’avancée jusqu’alors inexorable des Arabo-Musulmans au cœur de l’Occident Chrétien. Las et cent fois hélas, rien ! Bernique.
Quelques kilomètres plus tard, j’arrivais à Poitiers.

Je trouve cela curieux dans la mesure où le site de la Bataille est classé historiquement et aménagé pour les nombreux visiteurs qu’il intéresse (http://tinyurl.com/vouneuil-la-bataille). Je trouve qu’il y a là une discrimination non seulement à l’encontre de la Région Poitou-Charentes, lieu de ce haut fait d’armes majeur pour l’histoire de l’Europe, mais également pour nos amis Arabes. Cet oubli maladroit fait d’eux des adversaires « négligeables ». Et donne à penser que Charles Martel les aurait balayés d’un revers de bouclier.
Ce sous-entendu implicite ne serait-il pas un petit peu… nauséabond ?

En effet, il y a une tradition en France qui consiste à tant nous glorifier des batailles gagnées contre nos ennemis d’hier – devenus nos amis d’aujourd’hui – que nous ne nous embarrassons pas de savoir s’il est ou pas opportun de leur rappeler nos victoires à chaque détour d’un chemin. Ce qui ne les empêche pas de venir en grand nombre, et en toute amitié, visiter notre pays, voire s’y installer.

Nos amis Allemands et Autrichiens à peine débarqués à Paris qu’ils aiment tant (Ach der Gross Paris !) voient les noms des victoires napoléoniennes sur l’Autriche et la Prusse portées par les plus prestigieuses rues parisiennes : Ulm, Eylau, Iéna, Friedland. On peut ajouter que nos amis Russes se joignent à eux pour devoir supporter qu’une gare, longtemps restée d’une importance majeure, leur rappelle Austerlitz, et la défaite des empereurs d’Autriche et de Russie contre l’Empereur des Français… Quant aux Allemands et Autrichiens, dans chaque village français, même le plus reculé, un Monument aux Morts est là pour leur rappeler que nous n’avons pas oublié les noms de tous nos aïeux qui ont donné leur vie en combattant les leurs lors de la Première Guerre Mondiale dont ils ont si mal digéré la défaite qu’ils en ont provoqué une deuxième guerre mondiale où ils furent défaits encore plus platement. Mais cela ne leur pose aucun problème…

Nos amis Anglais, adorent tant la France qu’ils ont cherché durant cent longues années à y prendre pied. Ils ont échoué pour un certain nombre de raisons, parmi lesquelles nous privilégions (à tort ou à raison) l’épopée de la Pucelle d’Orléans, Jehanne d’Arc, « en l’an 1429 recommença à luire le soleil » selon la poétesse Christine de Pisan… Grâce à leur flegme légendaire ils supportent à présent avec humour la vénération dont elle fait l’objet – sa statue présente dans presque toutes nos églises – comme un reproche muet à la cruauté du sort qu’ils lui ont infligé. Ils ne s’en installent pas moins nombreux dans nos campagnes sans nous en tenir rigueur le moins du monde. Nous leur rendons tout bonnement quelque politesse à Crécy-en-Ponthieu signalé sur l’Autoroute entre Amiens et la côte d’Opale.

Nos amis Italiens ne sont pas en reste, même si nos affrontements les plus violents remontent à l’Empire Romain quand Vercingétorix, notre premier héros national, leur donna pas mal de fil à retordre : le panneau signalant l’oppidum de Gergovie est parfaitement visible aux alentours de Clermont Ferrand. Mais surtout Astérix, héros fictif dont la résistance égratigne la grandeur de Rome, est mondialement connu. Il n’a jamais été l’objet de la moindre acrimonie de leur part…

Tous ces ennemis d’hier savent bien que si nous nous glorifions tant de les avoir défaits, c’est que nous n’avons pas considéré ces victoires comme faciles. Et c’est donc implicitement un hommage à leur propre valeur que de s’en montrer fiers.

Occulter la bataille de Poitiers – ou tenter de le faire par une omission aussi vaine que pitoyable – ne peut être que la marque d’un immense mépris pour ce qu’elle représente et donc une immense offense faite à nos amis Arabes. Il serait fort malséant de considérer que nous les aurions vaincus sans périls et que nous aurions triomphé d’eux sans gloire, d’autant plus que le nom « Franc » serait passé depuis dans le vocabulaire courant arabe pour signifier « courageux ». Si tel est bien le cas comme le prétend la rumeur, cela prouverait qu’eux également savaient reconnaître le mérite d’un ennemi.

Les arabo-musulmans, comme les Allemands, les Autrichiens, les Anglais et les Italiens, viennent visiter notre pays et parfois (voire souvent) s’y installer. Omettre de signaler notre victoire de Poitiers pourrait donner matière à penser que la hache de guerre ne serait pas enterrée, que les arabo-musulmans ne seraient pas nos amis d’aujourd’hui et qu’ils ne viendraient pas en toute amitié, bref, qu’ils seraient toujours nos ennemis actuellement, contrairement à nos ennemis Allemands, Autrichiens, Anglais et Italiens d’hier. Ce qui est bien évidemment entièrement FAUX, malgré ce que certains fascistes de l’extrême droite néo-nazie issus du ventre toujours fécond de la bête immonde des heures les plus sombres de notre histoire tentent de faire croire en instrumentalisant quotidiennement la majorité des faits divers les plus sordides qui alimentent à grands flots d’hémoglobine notre population carcérale surnuméraire ou bien celle des sans-abris sans-papiers quand il n’y a vraiment plus de place en prison pour eux.

Je sais que de nombreux historiens en mal de notoriété ont tenté de nous expliquer…
– qu’il n’y eut pas vraiment de bataille à proprement parler à Poitiers, tout juste des « incivilités » entre « jeunes » de l’époque,
– que la date de ce qui ne fut en définitive qu’une « échauffourée » est bien incertaine,
– que la mort impromptue de l’Emir aurait provoqué le repli de son camp (faute de quoi nous aurions vu ce que nous aurions vu, mon brave !)
– et que sans cette méchanceté atavique de notre part envers ces paisibles ambassadeurs de la grande et noble civilisation Andalouse dorée, qui ne voulaient que nous faire profiter de leur immense savoir scientifique et technique contre juste rétribution, ils auraient très pacifiquement abandonné durant les années suivantes les riches villes d’Aquitaine et de Septimanie (après les avoir pourtant conquises de haute lutte), tout bonnement pour nous démontrer l’étendue de leur tolérance légendaire…

L’imagination des psychopathes souffrant de ce mal qu’est la « haine de soi » étant sans limites, les extrapolations peuvent être infinies. Que savons-nous en fait des hasards divers et variés ayant favorisé les victoires ou entraîné les défaites du passé ?
blason de ramonville-saint-agne. Le lion tenant une lance de sa patte dextre est celui de Raymond IV. Selon les interprétations, le croissant islamique en pointe rappelle la victoire d'Eudes ou la croisade de Raymond IVCertes, concernant Poitiers en octobre 732 nous savons désormais que les forces en présence lors de la victoire de Charles (et de Eudes d’Aquitaine qui était à ses côtés) furent bien moindres que celles qui s’affrontèrent quand seul Eudes d’Aquitaine, sans Charles à ses côtés cette fois, mit fin au siège de Toulouse lors de l’homérique bataille du mardi 9 juin 721, renvoyant à leurs houris les « migrants » d’alors sur le plateau de Ramonville-Saint-Agne (dont le blason en témoigne encore en sa pointe aux pieds du lion de Raymond IV).
Certes nous savons que l’allégeance de Charles à l’église contribua à largement grandir ses faits d’armes tandis que la victoire du très indépendant Eudes fut délibérément occultée dans les scriptoriums sur ordre de Rome.
Certes nous savons que le récit même de la victoire de Poitiers emprunte en réalité des pans entiers à celui… de la victoire de Toulouse par Eudes une décennie plus tôt !
Mais dans ce domaine seul compte le résultat final n’est-il pas ?

Je me permets donc d’attirer votre attention sur cet oubli on ne peut plus maladroit et espère qu’il y sera remédié par un panneau touristique en bonne et due forme comme pour tous les autres sites de batailles.

Nos amis Arabes doivent être traités sur un pied d’égalité avec tous nos amis étrangers, et la bataille de Poitiers mérite tout autant que les autres d’être signalée à l’attention de nos chers petits qui, à l’arrière des véhicules, s’instruisent pour adoucir l’ennui du trajet en contemplant tous ces magnifiques panneaux à vocation pédagogique, ou mercantile puisqu’ils ont aussi semble-t-il vocation à susciter l’envie d’une escale…

Un(e) descendant(e) des Francs de Charles et d’Eudes


Cette lettre au format PDF :

Action SITA : imprimer, adresser, poster : la nouvelle façon d'expliquer

Le mode d’emploi explicite viral, se trouve en tête du document ci-dessous :

Lettre postale ouverte au président de la région Poitou-Charentes, au ministre de l'éducation nationale, au ministre de la culture et au président des autoroutes à propos de l'absence de panneau signalant la bataille de Poitiers en 732 sur l'autoroute à proximité du lieu de la dite bataille
Archive PDF créée avec OpenOffice par import HTML puis export PDF
Retouche avec pdfescape.com

Inspiré par Lisa Retter

3 commentaires »

  1. […] Inspiré par Lisa Retter […]

    Ping par 9 juin 721 : bataille de Toulouse. Lettre postale ouverte à… | SITAmnesty — lundi 9 juin 2014 @ 02:40

  2. […] Circulant donc sur l’Autoroute A10, l’Aquitaine, dans le sens Paris-Bordeaux, je m’attendais à trouver, après la sortie 27 au sud de Châtellerault, au niveau de Vouneuil-sur-Vienne (lieu-dit précisément nommé « Moussais-la-Bataille »), un panneau signalant la Bataille de Poitiers, pour rappeler cet événement qui eut lieu en 732. Et j’imaginais, comme c’est le cas pour les autres batailles, une image symbole, par exemple une (Lire la suite…) […]

    Ping par 25 octobre 732 : Bataille de Poitiers. Lettre postale ouverte à… | SITAmnesty — samedi 25 octobre 2014 @ 01:14

  3. Tout ce que vous dites est vrai, mais la population française, à l’inverse des égyptiens (par exemple), semble être presque complètement anestésiée et donc prête à accepter sa destruction.

    Commentaire par Hervé de Gromard — samedi 25 octobre 2014 @ 10:11


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