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samedi 7 mai 2016

Alain Juppé : « J’AURAIS MIEUX FAIT DE ME TAIRE » par Michka Assayas

Filed under: administration judiciaire,Interlude,Passé présent — sitamnesty @ 01:13

Paris-Match n° 2855 du 5 février 2004Article paru dans Paris-Match n° 2855 du 5 février 2004

Cliquer pour afficher l'article d'origine complet - Alain Juppé : « J'AURAIS MIEUX FAIT DE ME TAIRE » par Michka Assaya - Paris-Match n° 2855 du 5 février 2004 - Les affres du maire de Bordeaux, diffusées en direct sur la Une, ont attiré 13 millions de téléspectateursLes affres du maire de Bordeaux, diffusées en direct sur la Une, ont attiré 13 millions de téléspectateurs

LA JUSTICE A DEUX VITESSES
Condamné pour prise illégale d’intérêts, Alain Juppé a écopé de dix-huit mois de prison avec sursis.
Par ailleurs, un jeune homme a pris six mois ferme, dans l’indifférence générale, pour avoir vendu illégalement des CD.
Face à la loi, mieux vaut être puissant et entouré que jeune et solitaire.

Un ex-Premier ministre a laissé puiser dans l’argent public pour financer son organisation politique : dix-huit mois avec sursis. Le verdict est accompagné d’une superproduction médiatique : vingt-cinq minutes live au 20-heures de TF1 pour un numéro d’homme blessé, à la Jean-Pierre Bacri. Et le public suit. Selon les chiffreurs professionnels, treize millions de Français se sont installés devant leur écran pour assister à ce spectacle de choix : le premier de la classe, surpris à tricher, se faisant tirer l’oreille et asticoter au tableau noir.
   Autre délit récent. Un jeune homme qui vendait illégalement des CD de chansons téléchargées sur Internet s’est fait piéger par une taupe de la Sacem, l’organisme qui centralise et reverse les droits d’auteur aux compositeurs. Verdict : six mois ferme. Quelques journaux en parlent, mais l’affaire fait peu de bruit.
   Treize millions de personnes ont suivi en direct ce suspense haletant : Main Juppé va-t-il ou non rester dans la vie politique ? C’est sûr, il y a de quoi en oublier d’avaler son yaourt ! Mais qui, hormis sa famille et ses amis au sens large, se morfond vraiment pour le destin de cet homme politique grisâtre ? De toute façon, pour lui, le passé pèse bien plus lourd que l’avenir.
   Je me sens autrement remué face à l’avenir de ce garçon, lui aussi présumé délinquant financier. Imaginez ! Si sa condamnation est confirmée en appel, il traînera toute sa vie un casier judiciaire. Il se verra refuser un bail, un travail. Dans son quartier, tout le monde saura qu’il a passé six mois dans une cellule.
   Et, forcément, qu’il a dû faire quelque chose de bien malhonnête. La sagesse populaire le dit. Et Sarkozy aussi. A un autre jeune homme, sorti de prison, rencontré au Forum des Halles au cours d’une visite organisée par la police, et qui, d’ailleurs, selon Le Canard enchaîné, s’est assez mal terminée (insultes, crachats…), le ministre de l’Intérieur a lancé : « Si t’as pris dix-huit mois, c’est que tu le méritais ! »
   Alors, comme ça, Juppé mérite le sursis, et pas le gamin fraudeur ? Je ne me fais aucun souci pour le premier de la classe. Avec tout le réseau de protecteurs et d’obligés qu’il s’est constitué pendant ses quelque quarante années de vie politique, il a dû prendre une assurance contre les soucis, surtout financiers. En tout cas, s’il ne l’a pas fait, c’est qu’il a été bien bête et bien maladroit. Il ne donne l’impression d’être ni l’un ni l’autre. La justice condamne à six mois ferme le jeune « pirate » de la musique. Si je comprends bien, faire preuve de légèreté et de je-m’en-foutisme face à la loi n’a pas le même poids pour tout le monde. Si on est jeune, qu’on n’a aucune expérience de la vie et qu’on fait n’importe quoi, et des conneries de préférence, ça ne mérite même pas un avertissement. Au trou, direct !

Alors, comme ça, Juppé mérite le sursis, et pas le gamin fraudeur… Le sursis, en droit, veut dire : « Attention, si vous recommencez, on ne vous ratera pas. » Mais Juppé, lui, finit sa carrière. L’autre risque de jamais la commencer.

Mais, si on est un homme instruit, chargé de devoirs et de responsabilités, la même désinvolture et le même je-m’en-foutisme deviennent une circonstance atténuante. Le sursis, en droit, veut dire : « Attention, si vous recommencez, on ne vous ratera pas. » Mais Juppé, lui, finit sa carrière. L’autre risque de ne jamais la commencer. Lequel des deux mérite-t-il le plus l’attention et la compréhension de treize millions de personnes ?

Source : http://resistancerepublicaine.eu/2016/05/01/juppe-lenfarine-ce-clown-triste-cense-nous-faire-rever/
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biographie et carrière d'Alain Juppé
Vu sur FdF
79 commentaires De Souche

3 commentaires »

  1. […] Alain Juppé : « J’AURAIS MIEUX FAIT DE ME TAIRE » par Michka Assayas […]

    Ping par Francaisdefrance's Blog — samedi 7 mai 2016 @ 19:44

  2. la justice devrait se nommer injustice

    Commentaire par jean luc charrot — mercredi 23 novembre 2016 @ 23:05

  3. ET ÇÀ SE PRÉSENTE POUR LA PRESIDENCE ET DES CONS VOTENT POUR LUI; PAUVRE FRANCE

    Commentaire par jean luc charrot — mercredi 23 novembre 2016 @ 23:07


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